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Elle a été le pilier politique, économique et social de Tenerife pendant quatre siècles, comme en témoignent la noblesse austère de son architecture et la sobre beauté de ses monuments, ses bâtiments publics et ses nombreuses églises.
Parmi ces dernières, plusieurs datent du XVIe siècle: l’église et le couvent de San Agustín, depuis lequel sont partis de nombreux moines augustins accompagnant les conquistadors ; celle de Nuestra Señora de la Concepción; l’actuelle église cathédrale, construite en 1913 dans les environs de l’ermitage en ruines de Santa María de la Expectación (édifié sur l’initiative de Fernández de Lugo) et consacrée à Nuestra Señora de los Remedios; le sanctuaire royal, ancien couvent franciscain, où l’on vénère la magnifique effigie sculptée, de style gothique flamand-brabançon, du Très Saint Christ de La Laguna. Il fut fondé en 1522 par le Père Mendoza puis intégré au monastère de Santo Domingo de Guzmán.
Tous ces bâtiments religieux abritent de précieux trésors artistiques : sculptures, objets d’orfèvrerie et peintures de maîtres réputés, tels Carlos Acosta, Luján Pérez, Cristóbal Hernández de Quintana, et de plus récents comme Mariano Cossío et Antonio González Suárez.
Certains des bâtiments civils sont tout aussi représentatifs. Ainsi, la singulière Casa Salazar, du XVIIe siècle, parfait exemple du baroque des Canaries qui présente de singuliers détails comme les gargouilles zoomorphes évoquant le préhispanique mexicain. |
Ou encore les palais de Nava et de Lercaro, l’Hôtel de Ville, ancien Chapitre, conçu par Ventura Rodríguez et dont la façade néoclassique est revêtue d’un placage en pierre de taille bleue.
Les attraits indiscutables de cette ville modèle ne se limitent pas à son apparence extérieure. La cordialité de ses habitants, le rythme cadencé et doux de leur accent, leur ancienne culture d’hôtes, la présence bruyante d’environ trente mille étudiants dans son université deux fois centenaire, lui confèrent un esprit attachant et chaleureux que le visiteur pourra ressentir. Il sera également ravi de découvrir son artisanat populaire riche et réputé : dentelles ajourées, broderies, objets en bois et canne de bambou, instruments de musique, dont le célèbre timple.
L’Atlantique alimente de ses meilleurs produits la gastronomie de La Laguna, mais ne la limite pas. Le porc, le lapin et le chevreau grillé ou en salmorejo, accompagnés des traditionnelles papas arrugadas (pommes de terre fripées) servies avec du mojo rouge ou vert, constituent également une partie essentielle de son offre très variée. Il nous faut également citer les escaldones de gofio et les nombreuses possibilités de préparation du fruit le plus courant sur l’île, la banane.
À San Cristóbal de La Laguna, tout cela se conjugue pour que le voyageur commence à la regretter le jour même de son départ. |